2,5 milliards de dollars pour lutter contre l’insécurité alimentaire en Afrique, 75 millions de dollars pour renforcer les institutions démocratiques, ainsi que 100 millions de dollars en assistance sécuritaire…

Avec l’annonce de ces fonds destinés à l’Afrique, Washington entend apporter un appui solide au maintien de la paix et la sécurité, à la bonne gouvernance ou encore aux droits humains sur un continent où de nombreux pays sont critiqués dans ces domaines.

Pour l’analyste politique Kabinet Fofana, ce rapprochement des Etats-Unis de l’Afrique est une approche nouvelle qui peut apporter des changements.

“Le président Biden table sur une coopération gagnante qui ne soit pas dépendante. L’idée étant de stimuler des opportunités (…). C’est une nouvelle approche. On verra jusqu’où cela ira” précise-t-il.

La question du groupe Wagner

Le sommet de Washington a également été l’occasion pour certains dirigeants africains de faire part de leurs inquiétudes, notamment au sujet de la présence du groupe Wagner sur le continent.

Le président ghanéen Nana Akufo-Addo a ainsi affirmé que son voisin, le Burkina Faso, avait “conclu un arrangement” avec le groupe paramilitaire russe. Celui-ci a même précisé que les mercenaires russes seraient proches de la frontière avec le Ghana.

Une présence sur laquelle est également revenu le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken.

“Nous avons entendu des inquiétudes répétées selon lesquelles Wagner et les groupes qui lui sont liés créent ou exploitent l’insécurité, ils menacent la stabilité, ils sapent la bonne gouvernance, ils privent les pays de richesses minérales, ils violent les droits de l’Homme (…)” a indiqué Antony Blinken.

Selon Antony Blinken les partenaires africains des Etats-Unis ne souhaitent pas que leurs ressources soient exploitées, que les droits de leurs peuples soient bafoués… bref ils ne voudraient pas de Wagner.

Un changement possible

Pourtant, sur le continent le groupe gagne de plus en plus de terrain. Une tendance qui pourrait s’intensifier mais que Washington peut contribuer à freiner selon Kabinet Fofana.

“Aujourd’hui, on se rend bien compte que Wagner ce n’est pas tout à fait ça. C’est une organisation qui utilise des militaires avec des moyens limités, donc il y a un travail à faire notamment en renforçant les structures des Africains dans le domaine du renseignement. C’est là où les Etats-Unis pourront contenir l’influence russe à travers Wagner” estime l’analyste.

Dans plusieurs pays d’Afrique francophone, Moscou mène une campagne d’influence de plus en plus active notamment sur les réseaux sociaux et jouit d’un soutien populaire grandissant. Reste à savoir si le retour affiché des Etats-Unis contribuera à changer la donne.

A Washington le président américain Joe Biden a par ailleurs plaidé en faveur d’une représentation permanente de l’Afrique “partout” et “dans toutes les institutions” mondiales dont le Conseil de sécurité de l’ONU et le G20.

Source : DW, par Carole Assignon

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