Les températures moyennes au niveau mondial ont été 0,33° plus élevées que la moyenne, avec des records battus un peu partout dans le monde et des canicules prolongées. Plus les années passent, et plus la tendance au réchauffement s’accélère.

Le mois de juillet en France a été marqué par un temps assez maussade. « Les températures sont restées inférieures aux normales de saison une grande partie du mois, notamment du 12 au 16 avec un pic de fraîcheur marqué », observe Météo France. Le déficit d’ensoleillement a dépassé les 20 % dans certaines régions et le mois a été particulièrement pluvieux.

Une météo pourrie qui offre un contraste saisissant avec la situation mondiale et européenne. Selon le réseau de surveillance Copernicus, le mois de juillet 2021 a été le troisième mois de juillet le plus chaud jamais mesuré, derrière ceux de 2019 et 2016. Au niveau européen, c’est même le deuxième mois de juillet le plus chaud après celui de 2010. La température mensuelle moyenne a été 0,33 °C plus élevée que la moyenne normale constatée sur la période 1991-2020.

Anomalies de température pour juillet 2021 par rapport à la moyenne de juillet pour la période 1991-2020. © Copernicus Climate Change Service/ECMWF 

49,1 °C en Turquie

Un peu partout dans le monde, des vagues de chaleur exceptionnelles ont fait grimper le thermomètre à des niveaux stratosphériques. Lundi 2 août, le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a prévenu que son pays était frappé par « la pire canicule depuis celle de 1987 »​, avec des températures maximales de 44 à 45 °C dans le Péloponnèse et en Thessalie. La Turquie a battu son record de température absolu avec 49,1 °C enregistrés le 20 juillet à Cizre au sud-est du pays. Des records ont aussi été franchis au Maroc, au Canada, au Japon, aux États-Unis ou en Sibérie, qui a connu plusieurs journées à plus de 39 °C. Le record historique de température maximale quotidienne a été battu en Irlande du Nord, et les températures ont été bien supérieures à la moyenne dans l’est de l’Islande et dans certaines parties de l’est du Groenland, note également Copernicus.

Anomalies de température mensuelles de la moyenne mondiale et de la moyenne européenne par rapport à 1991-2020. Les barres de couleur plus foncées indiquent les valeurs de juillet. © Copernicus Climate Change Service/ECMWF 

38 °C en plein hiver !

Dans l’hémisphère Sud, les températures ont été anormalement douces en Patagonie, et l’Australie a enregistré son quatrième mois de juillet le plus chaud jamais vécu, avec une moyenne mensuelle 1,77 °C au-dessus de la moyenne 1961-1990, selon le Bureau australien de météorologie. Le thermomètre a grimpé jusqu’à 38,1 °C à Kalumburu, dans le nord de Kimberley, en Australie-Occidentale, alors que nous sommes en plein hiver là-bas

Il n’est pas impossible qu’on atteigne d’ici quelques années des records à 50 °C en France

Il y a bien sûr des phénomènes ponctuels et locaux qui expliquent ces températures exceptionnelles. La canicule au Canada était par exemple due à un « dôme de chaleur » où un anticyclone reste bloqué pendant plusieurs jours au-dessus d’une région, avec des vents contournant la zone d’air chaud sans parvenir à la pénétrer.

Mais l’accumulation des records dans les dernières années laisse bien penser que l’augmentation des gaz à effet de serre dans l’atmosphère y est pour quelque chose. « Il y a un accord général sur le fait que la période de 2015 à 2020 est beaucoup plus chaude à l’échelle mondiale que toute autre période précédente, affirme ainsi Copernicus. La température mondiale a augmenté à un rythme moyen proche de 0,2 °C par décennie depuis la fin des années 1970 ».

Il faut donc s’attendre à des nouveaux records dans les années à venir. « Du fait du réchauffement climatique, la chaleur qui remonte du Sahara est de plus en plus intense et il n’est pas impossible qu’on atteigne d’ici quelques années des records à 50 °C en France », avertit le climatologue Guillaume Séchet dans Le Parisien. Les vacanciers qui se lamentent du temps frais sur la Bretagne actuellement feraient bien d’en profiter…

Par Céline Deluzarche, futura-sciences