Pour sa sixième participation à une Coupe du monde, la deuxième de rang après 2018, le Maroc de Walid Regragui a des arguments pour espérer faire mieux que trois matches au Qatar. Néanmoins, les Lions de l’Atlas devront s’extirper d’une poule plus que compliquée, presque considérée comme le “groupe de la mort” de cette 22e édition.

Le parcours de qualification et le groupe :

Tombé dans le groupe I avec la Guinée, la Guinée-Bissau et le Soudan, les Lions de l’Atlas s’offraient un groupe plus qu’abordable, dans une configuration où seul le premier de la poule était qualifié pour les barrages. Sans grande surprise, entre septembre et novembre 2021, les hommes de Vahid Halilhodžić faisaient carton plein avec 6 victoires sur 6 matches possibles, avec la deuxième meilleure attaque (20 buts marqués, derrière l’Algérie à 25) et deuxième meilleure défense (1 but encaissé, derrière le Mali à 0). Le tirage au sort était tout aussi clément avec eux pour les barrages, puisque grâce à son bon classement FIFA, le Maroc recevait la République Démocratique du Congo chez lui après l’aller à Kinshasa. Après un match nul obtenu en terres congolaises (1-1), le Royaume chérifien ne faisait qu’une bouchée des Léopards à Casablanca (4-1). Une promenade de santé avant le chemin de croix au Qatar. En effet, les Lions devront se frotter au finaliste (Croatie) et au demi-finaliste (Belgique) de la dernière édition, avec un Canada prometteur malgré sa préparation en demi-teinte. Le premier duel face à l’équipe au damier sera essentielle pour la suite de leur parcours dans ce Mondial…

Les qualités et faiblesses :

«L’attaque fait lever les foules tandis que la défense fait gagner les titres», avait déclaré Michael Jordan, grande gloire du basket-ball. Mais est-ce applicable pour le football ? En tout cas, l’effectif Maroc n’est pas à plaindre, surtout pas sur le plan défensif, avec un gardien de but vainqueur du trophée Zamora (Bounou) et une charnière centrale plus que solide durant les qualifications. Sur les côtés, les Lions de l’Atlas peuvent se vanter de voir évoluer le Parisien Hakimi sur le flanc droit et le Munichois Mazraoui dans le couloir gauche. Et sur le papier, ce duo n’est pas loin de la première place. Rajoutons à ces couloirs déjà bien occupés défensivement des ailiers pleins de technique, avec Ziyech à droite et Boufal à gauche, qui semblent profiter de plus de liberté technique depuis l’arrivée de Walid Regragui.

Néanmoins, on peut constater un point faible à corriger d’ici le premier match du Mondial qatari face à la Croatie (23 novembre) : l’entrejeu. En effet, si les milieux de terrain n’ont pas eu de mal à gagner la bataille face au Chili, la tâche fut un peu plus compliquée lors du deuxième match de préparation face au Paraguay. Le trio, un peu trop offensif, semblait désorganisé à la perte du ballon et laissait parfois la défense exposée aux attaques rapides adverses. Malgré un Amrabat solide dans l’axe de l’entrejeu, ses coéquipiers relayeurs n’étaient pas suffisamment coordonnés pour anticiper les transmissions paraguayennes dans le rond central. On peut également pointer du doigt un manque au poste de numéro 9, qui ne date pas d’hier. En effet, depuis la fin des années 2000, plusieurs attaquants de pointe se sont succédé sans pour autant s’imposer en sélection. A En-Nesyri, El Kaabi ou encore le néo-international Cheddira de faire mentir cette malédiction…

Le sélectionneur : Walid Regragui

Il est le premier entraîneur marocain à arborer la casquette de sélectionneur depuis Badou Zaki, limogé en février 2016. Walid Regragui a été intronisé fin août sur le banc des Lions de l’Atlas pour deux objectifs principaux : réconcilier le peuple marocain avec la sélection nationale et préparer l’effectif en un peu plus de deux mois à un groupe F relevé avec la Croatie, le Canada et la Belgique. S’il est sélectionneur pour la première fois de sa carrière de coach, et ce après avoir été adjoint de Taoussi entre 2012 et 2013, l’ancien défenseur d’Ajaccio et Dijon vit aujourd’hui sa quatrième expérience après avoir entraîné deux clubs marocains (Fath US et Wydad AC) et une formation qatari (Al Duhail). Vainqueur de la Ligue des Champions et de la Botola (D1 marocaine) la saison passée, Regragui arrive avec l’étiquette d’un des meilleurs entraîneurs africains pour bousculer la hiérarchie de sa poule du Mondial qatari et retrouver la phase éliminatoire, la deuxième de son histoire après 1986.

La star : Hakim Ziyech

468 jours après, il a fait son retour en sélection. Avec le départ de Vahid Halilhodžić – avec qui il était en conflit – et l’arrivée de Walid Regragui sur le banc des Lions de l’Atlas, le milieu offensif de 29 ans a reporté le maillot rouge et vert face au Chili pendant la victoire en amical (2-0). S’il ne s’est pas montré décisif durant la dernière trêve internationale, le numéro 22 de Chelsea a pu se remettre en jambes lors du rassemblement en Espagne, lui qui est déjà en manque de temps de jeu chez les Blues. Toujours précieux grâce à sa soyeuse patte gauche, l’international aux 40 sélections (17 buts) reste l’un des piliers de la sélection marocaine, que ce soit sur le rectangle vert ou dans le vestiaire. Il pourra alors s’illustrer sous la tunique du royaume pour ainsi montrer à son nouvel entraîneur Graham Potter ou d’autres écuries européennes de quoi il est encore capable pour décider de son avenir lors du mercato hivernal…

L’attraction : Azzedine Ounahi

En ce qui concerne l’attraction de cette belle équipe du Maroc, les choix sont multiples, de Sofiane Boufal à Achraf Hakimi en passant par Noussair Mazraoui, et ce malgré l’absence sur blessure d’Amine Harit. Mais le profil d’Azzedine Ounahi est particulièrement intéressant et retient l’attention. Car oui, contrairement à une grande partie des habituels convoqués, le milieu de 22 ans est un pur produit de la formation marocaine, puisqu’il est issu de l’Académie Mohammed VI de Salé (au nord de la capitale Rabat). Après une petite saison à Avranches, le natif de Casablanca découvre rapidement l’élite du football français avec Angers, où il s’est déjà imposé comme titulaire indiscutable au milieu. Un joueur qui se distingue par son aisance technique et sa vision du jeu, jusqu’à dépasser l’expert du dribble Sofiane Boufal en Ligue 1 et se hisser à la deuxième place des dribbles réussis en Europe (22 réussis en deux mois, juste derrière Lionel Messi).

La liste des 25 :

Gardiens : Yassine Bounou (Séville FC/ESP), Munir Mohamedi (Al Wehda La Mecque/KSA), Ahmed Reda Tagnaouti (Wydad Casablanca).

Défenseurs : Achraf Hakimi (Paris SG/FRA), Noussair Mazraoui (Bayern Munich/GER), Nayef Aguerd (West Ham/ENG), Badr Benoun (Qatar SC), Romain Saïss (Besiktas/TUR), Yahya Attiat Allah (Wydad Casablanca), Jawad El Yamiq (Valladolid/ESP), Achraf Dari (Brest/FRA).

Milieux : Sofyan Amrabat (Fiorentina/ITA), Abdelhamid Sabiri (Sampdoria/ITA), Selim Amallah (Standard de Liège/BEL), Azzedine Ounahi (Angers Sco), Bilal El Khannouss (KRC Genk/BEL), Yahya Jabrane (Wydad Casablanca).

Attaquants : Hakim Ziyech (Chelsea/ENG), Abdessamad Ezzalzouli (Osasuna/ESP), Zakaria Aboukhlal (Toulouse FC/FRA), Sofiane Boufal (SCO Angers), Ilias Chair (Queens Park Rangers/ENG), Youssef En-Nesyri (Séville FC/ESP), Walid Cheddira (Bari/ITA/D2), Abderrazak Hamed Allah (Ittihad FC/KSA).

Source : footmercatoM, par Anas Bakhkhar

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